Avec Palmagri

Dans le cadre de la lutte contre la propagation de la grippe aviaire qui sévit depuis le mois de novembre dans le grand Sud Ouest, le gouvernement a décidé une interdiction temporaire d’installer de nouveaux animaux dans les élevages d’oies et de canards de 18 départements, dont la Gironde.

Concrètement, cela aura pour conséquence de vider les élevages au fur et à mesure des abattages afin de créer un vide sanitaire de plusieurs mois, inédit en France, permettant de nettoyer et désinfecter les élevages. Ainsi, de nouveaux canetons ne pourront être réintroduits qu’à la fin du 1er semestre 2016.

Les conséquences d’une telle décision sont bien évidemment difficiles pour les éleveurs, particulièrement les plus petits. C’est le cas notamment de la coopérative Palmagri, située à Auros et bien connue pour la qualité de sa production dans toute la Gironde, et au delà.

Dès lundi dernier, je me suis rendue à la coopérative afin de rencontrer les 16 producteurs et les 14 employés, très remontés et inquiets suite à cette décision.

L’absence de cas détectés en Gironde les rend particulièrement amers et en colère face aux mesures drastiques décidées par les autorités, et validées par leur syndicat interprofessionnel. Ils nient également la pertinence d’une telle mesure et demandent avec force des compensations à la hauteur du préjudice qu’ils vont subir. Ils déplorent également d’être mis sur le même banc que les élevages industriels alors qu’ils ont des pratiques traditionnelles où le risque de contamination est très faible, voire inexistant. Beaucoup de ressentiments…compréhensibles.

Au cours de cet échange, je me suis engagée à intervenir auprès du ministre afin de porter une demande de dérogation pour les éleveurs girondins, en y associant mon collègue Gilles Savary, député de la 9ème circonscription de la Gironde et Régine Poveda, ma collègue du Lot et Garonne, département qui, comme la Gironde, ne recense aucun cas de grippe aviaire.

Dès le lendemain, depuis l’Assemblée nationale, j’adressais donc un courrier au Ministre de l’ Agriculture que je doublais d’un contact direct avec sa conseillère technique afin de l’alerter sur les problématiques particulières de la coopératives de Palmagri et les conséquences économiques directes non seulement pour les 16 ccopérateurs-éleveurs (et leurs familles) mais également sur les 14 salariés (et leurs familles) de la coopérative, les 6 magasins et les 10 points de vente déjà affiliés. Les projets importants tels que le partenariat avec une entreprise devant aboutir à une commercialisation des produits Palmagri dans 45 magasins de la façade Nord ouest atlantique et un plan de construction d’un abattoir collectif dans le sud Gironde sont également remis en question. En somme, tout un projet de développement commercial, mûrement réfléchi depuis des mois, est remis en cause.

Par ailleurs, par l’intermédiaire de Catherine Veyssy, j’alertais également le Conseil régional qui apparaissait logiquement comme un futur acteur de l’accompagnement de la filière.

Effectivement, dès samedi, Alain Rousset, Président de la région, annonçait une série de mesures telles que : une adresse mail de crise pour les entreprises impactées, des mesures de formations pour les salariés le temps de leur inactivité, un accompagnement pour l’investissement.

Je me suis aussi rapprochée de la chambre d’agriculture de la Gironde afin d’obtenir les éléments factuels sur la filière canard en Gironde (élevage, accouveurs,…)

Quant au ministre, il me faisait savoir, qu’avec ses services, il travaillait au plan d’accompagnement promis par l’Etat et que celui-ci serait probablement annoncé demain mardi.

Il est bien entendu que j’accompagnerai, comme je le fais depuis de très nombreuses années, la coopérative Palmagri, afin qu’elle surmonte ce moment. Aujourd’hui, la crise sanitaire engendre une crise économique et sociale pour cette filière du canard gras, je saurai être vigilante aux mesures qui seront annoncées par le Ministre, demain.

 

 

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